lundi 7 janvier 2013

Message de Noël de Sa sainteté Karékine II


Message de sa sainteté Karékine II,
Catholicos de tous les Arméniens,
à l’occasion de la Nativité et de la Théophanie de notre Seigneur Jésus Christ

Saint Etchmiadzine le 6 Janvier 2013

« La vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie, Dieu avec nous ». Saint Matthieu 1, 23- Esaïe 7, 14

Chers fidèles,
C’est d’un cœur réjoui qu’en ce jour nous bénissons et glorifions la sainte Nativité et la Théophanie de notre Seigneur Jésus-Christ en vous transmettant cette salutation : « Christ est né et s’est révélé ; pour vous, comme pour nous, grande est la nouvelle »
Parvenue à son terme, la prophétie d’Isaïe, « Voici que la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie, Dieu avec nous » s’accomplit.
En s’inclinant du plus haut des cieux, en naissant en la grotte sous les traits d’un enfant, en se faisant pauvre, le Seigneur qui aime les hommes s’abaisse pour nous enrichir de ses dons spirituels. C’est l’Apôtre Paul qui l’affirme « car vous connaissez la Grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fûtes enrichis » (Corinthiens II- 8,9).
Dieu s’est fait homme afin que l’homme créé à l’image de Dieu puisse connaître son Créateur et sa volonté, qu’il s’enrichisse de la Foi et de la Parole de Dieu, d’un zèle et d’une vie en Dieu agréables au Seigneur, afin qu’ayant gagné son salut, il hérite de la vie éternelle.
En vérité, rien ne peut être comparé à ce trésor : la grâce de connaître la vie éternelle dans le royaume de Dieu, grâce que nous a apportée notre Seigneur Jésus-Christ , « le fils de l’homme qui est dans le ciel» (Evangile de saint Jean 3, 13).
L’inaccessible « Seigneur de Gloire et des Puissances célestes » est venu sur terre, il s’est fait enfant, et chacun peut, à l’imitation des bergers et des mages, l’ayant  reconnu, l’approcher sans crainte, pour se prosterner et offrir ses présents à l’Enfant Sauveur dans la crèche, au cœur de la grotte.
Chers fidèles,
Aujourd’hui, nous nous prosternons nous aussi devant l’enfant Jésus. Mais quels sont les présents que nous offrons au Sauveur qui nous est né ?
Le Seigneur n’attend pas de nous des richesses matérielles. Le don qui lui agée est le Chrétien lui même, celui qui d’un cœur pur a reçu la prophétie selon laquelle « Dieu est avec nous » et qui, renouvelé par le Seigneur, tente chaque jour de vivre conformément aux commandements de Dieu, empli de foi envers lui, d’amour envers son prochain. L’homme renouvelé par le Seigneur transforme sa vie en l’orientant toujours vers le bien, en tendant vers la perfection. Car comme le dit saint Grégoire de Nareg, « le rayon miséricordieux de sa gloire fait fondre les péchés … panse les blessures, guérit les plaies, assèche les gangrènes, écarte les chagrins, évacue les sanglots, met les ténèbres en fuite. C’est alors que règne sa main toute puissante (Livre des lamentations, chapitre 41).
Aujourd’hui, et jusqu’à la fin des temps, conformément à sa promesse, « le Dieu qui s’est fait homme est avec nous » (Saint Matthieu 28, 20), il est avec nous, avec son  don du Salut, et par sa merveilleuse incarnation. Mais sommes nous, nous, avec Dieu ? Et le Monde poursuit il son cours conformément au chemin que nous a indiqué le Christ ?
Très cher et pieu peuple,
Nos vies personnelles et toute notre actualité sont pleines de défis de toutes sortes, de crises, de problèmes sociaux et économiques, de tensions et d’antagonismes internationaux et religieux, d’espérances, d’égarements dus aux intérêts particuliers, de mépris pour les indigents, de manque d’équité et d’humanisme et de bien d’autres maux qui sont la conséquence de notre éloignement de Dieu.
Face à cette réalité du monde, très souvent, l’homme pense que l’amélioration de sa vie et le bien-être de la société ne peuvent être réalisés que par l’abondance des biens matériels. Or, lorsque Dieu est absent du cœur des hommes, la recherche des seuls biens matériels ne peut que diviser les hommes, assécher la joie et le bonheur en eux. Le riche vit alors dans l’inquiétude, le pauvre dans la peine, la société entière dans une sorte d’étrangéité des uns envers les autres. C’est à l’occasion de cette quête des biens matériels que les hommes conçoivent toute sortes de moyens pour piller, spolier et abaisser leur prochain. C’est au nom de cette quête des biens matériels qu’ils violent les lois, abusent de leurs fonctions et de leurs positions, foulent aux pieds le Droit et se détruisent mutuellement. Ils le font au nom de la recherche des biens matériels, mais hélas parfois aussi au nom de Dieu, contre la volonté de Dieu, alors que tout ce qui est fait au nom de Dieu ne peut être que source de bien-être, de consolation et de joie pour les hommes.
Avec Dieu, et pour le bien des hommes, existent des critères de vie, d’autres principes et d’autres valeurs qui donnent tout leur sens à la vie : « Que la charité soit sans hypocrisie, ayez le Mal en horreur ; attachez vous fortement au bien, par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres, par honneur, usez de prévenance réciproque » (Épître de saint Paul aux Romains I-12, 9-10). Dans une vie en Dieu, toute fonction, toute position, est service ; les capacités et les compétences humaines, sont sources de bien, de prospérité pour le pays et d’amélioration des conditions de vie pour tous.
Mes très chers,
Par l’intermédiaire de ce Mystère de la Nativité, nous sont accordés la grâce permanente de gravir avec le Christ la montagne de la Transfiguration, de vivre la présence du Seigneur dans une vie spirituelle agréable à Dieu, de garantir d’un pas assuré notre marche, conformément aux vraies valeurs morales de Dieu.
La Bible nous enseigne que marcher dans les pas de Dieu nous préserve de toutes les épreuves, accroît les bienfaits et nous assure, grâce à la puissance divine, bien des réussites.
Notre histoire entière atteste que notre peuple a forgé son existence et gagné sa renaissance culturelle grâce à sa fidélité au Sauveur. C’est avec notre Seigneur que nous avons fait face à toutes les épreuves, que nous avons ressuscité après chaque tentative de destruction, survécu au Génocide. C’est par la puissance de notre Seigneur que nous nous avons à nouveau repris racine pour renaître et préserver notre identité en Diaspora, pour rétablir, grâce à l’union de nos forces disséminées dans le monde entier, la souveraineté de notre Etat. C’est ainsi que nous avons préservé l’idéal de notre « terre promise » et aussi notre conviction que le Seigneur nous réunira dans notre Patrie.
En ce jour, emplis et réconfortés par l’espérance de cette Bonne Nouvelle qui proclame que « Dieu est avec nous », prosternons nous devant le Sauveur qui pour nous s’incarne afin de nous réchauffer à son amour, pour recevoir ses grâces et ses bénédictions, afin qu’en Arménie comme en Diaspora, nous assurions et renforcions notre pérennité, nos idéaux nationaux, afin de bâtir un avenir lumineux de bonheur et de prospérité pour notre peuple, et que nous demeurions pour l’éternité un peuple fidèle à Dieu.
C’est fraternellement qu’avec ces vœux et cette grande nouvelle de la sainte Nativité nous saluons les titulaires des sièges hiérarchiques de notre sainte Eglise, Sa Sainteté Aram Ier, Catholicos de la Grande Maison de Cilicie, sa Béatitude Mesrop II, Patriarche arménien de Constantinople, son Eminence l’archevêque Aris Shirvanian, Locum tenens du Patriarcat arménien de Jérusalem, les responsables de nos Eglises sœurs, l’ensemble des religieux de notre Eglise, en priant le Seigneur de leur accorder ses innombrables grâces et son soutien dans l’accomplissement de leur mission.
Nous voulons aussi à cette même occasion saluer Monsieur Serge Sarkissian, Président de la République d’Arménie, présent à cette Divine Liturgie, Monsieur Pago Sahakian, Président de la République du Haut-Karabagh et l’ensemble des responsables civils de la République d’Arménie, en leur souhaitant la réussite dans toutes leurs entreprises au service de notre patrie et de notre nation, avec la bénédiction du Seigneur.

Nous saluons les responsables et les membres des représentations diplomatiques accréditées en Arménie en souhaitant que les fruits de leur travail et tous leurs réussites à venir fassent grandir l’amitié et augmenter la coopération qui lient nos pays et nos peuples.
Nous offrons tout notre amour et nos bénédictions à notre peuple bien aimé d’Arménie et de la Diaspora. Nous prions pour que l’amour, la paix et l’esprit de concorde du Sauveur qui s’est incarné pour nous, se répandent sans cesse sur toute la Création, en particulier dans les pays qui connaissent des conflits, tout particulièrement sur la Syrie qui connaît une situation de guerre et sur nos frères et sœurs qui endurent dans ce pays de grandes épreuves. Que dans l’âme des hommes du monde entier trouve écho le message de la Nativité: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté» et que se renforce chez chacun d’entre nous la volonté de marcher avec Dieu.
Que le Seigneur garde inébranlable et en paix sous sa dextre protectrice notre patrie et  notre sainte Eglise apostolique. Qu’il bénisse notre nation arménienne dispersée à travers le monde entier, maintenant et dans les éternités des éternités. Amen.
Christ est né est s’est révélé !
Pour nous, comme pour vous, grande est la Nouvelle.