mardi 4 septembre 2012

COMMUNIQUE DU CONSEIL DIOCESAIN DE L’EGLISE APOSTOLIQUE ARMENIENNE DE FRANCE


Une invitation de Tartuffes

Après avoir lu le récent « communiqué » de Monsieur Richard Takvorian en date du 22 Août dernier, nous nous sommes remémorés cette belle tirade du grand Corneille : « Les visages souvent sont de doux imposteurs. Que de défauts d'esprit se couvrent de leurs grâces ! - Et que de beaux semblants cachent des âmes basses ».
Depuis plusieurs mois, notre paroisse de Nice, autrefois si paisible, est en proie à la désunion. Depuis des mois, se parant de toutes les vertus chrétiennes et se présentant comme « d’humbles fidèles » de notre Eglise, un groupuscule a décidé de rejeter l’autorité du Saint Siège d’Etchmiadzine et de son représentant en France. Ceux même qui avaient divisés les fidèles en deux catégories, les « bons fidèles », héritiers des « bâtisseurs venus après le génocide » et ceux, venus plus récemment, auxquels on ne reconnaissait ni le droit d’adhérer à l’association cultuelle ni d’être élus à sa tête, ne cessent depuis d’en appeler à la concorde et à l’union.

Exhibant en permanence, comme une oriflamme, un pathétique sentiment de victimisation, ceux qui se présentent partout comme les proies malheureuses de « l’arbitraire autocratique d’Etchmiadzine » ne nous ont rien épargné. Mais à l’annonce de la prochaine visite de notre Patriarche, ils se sont empressés de lui adresser par le biais de ce communiqué de celui qui se présente comme le « Président du conseil paroissial de l’Eglise apostolique arménienne de Nice- Côte d’Azur » une invitation à venir « bénir les fidèles de  notre église historique Sainte Marie ».  Dans le même temps, et sans répit, nous subissions la rengaine « de la modeste église bâtie par les rescapés du génocide » dans laquelle pourtant depuis plusieurs mois, les auteurs de cet acte de division permettent un simulacre de la Divine liturgie interprété par un prêtre défroqué, recruté par eux. Les bâtisseurs de ce sanctuaire auraient sans doute apprécié … Ceux-là même, osent utiliser le mot de « sacrilège » pour caractériser une décision du Catholicos et du Conseil Spirituel Suprême qui ne faisait pourtant qu’entériner leur rupture avec l’Eglise arménienne. A jouer avec le feu …

Bien que se voulant habile, la manœuvre qui consiste aujourd’hui à inviter le Catholicos à aller « bénir les fidèles de l’église historique Sainte Marie » est puérile et constitue une grossière provocation à laquelle nul ne peut accorder le moindre crédit, à commencer par ses auteurs. En effet, comment imaginer que le Catholicos de tous les Arméniens aille bénir un groupe de gens qui a quitté de lui même la communion de l’Eglise arménienne, qui interpelle son chef spirituel en le désignant sous son nom de baptême, c’est à dire en niant son onction sacerdotale, son sacre en tant qu’évêque et en tant que Patriarche suprême ? Pourquoi ces « fidèles » viendraient-ils aujourd’hui quémander la bénédiction de celui qu’ils refusent de reconnaître comme leur pasteur et auquel ils dénient toute autorité autant que toute légitimité? Une visite de Sa Sainteté le Catholicos dans cette église qui nous est aussi chère qu’à ceux qui l’ont accaparée ne pourrait avoir lieu qu’après un acte de repentir des responsables de cette division, par le renvoi de celui qui se dit prêtre et qui ne l’est pas, et par la remise des clefs du sanctuaire à son légitime destinataire, l’Eglise apostolique arménienne. Les refrains de tartuffes de ce petit groupe ne peuvent naturellement tromper personne.

Nous sommes tout aussi lassés d’entendre cette sempiternelle ritournelle des « valeurs républicaines et laïques » que nous maltraiterions, faisant ainsi de l’immense majorité des fidèles de notre Eglise des citoyens « douteux », ou en nous stigmatisant comme les adeptes d’un « communautarisme qui rongerait les fondements de la République ».

Mais qui sont les « communautaristes » ?

Ce sont en réalité ceux qui évoquent à tout va ces valeurs, qui nient toute dimension spirituelle à la mission de l’Eglise et définissent souvent leur engagement dans la vie ecclésiale comme purement « national », dont certains osent même proclamer qu’ils ne sont pas croyants, qui sont les plus sûrs agents d’un communautarisme intrinsèquement antichrétien et étranger à notre Eglise. Ces manœuvres visant à tromper tant les fidèles que les autorités civiles de notre pays sont à la fois vaines et pitoyables.

A la veille de ce bel événement, les fidèles de la Sainte Eglise apostolique arménienne des Alpes Maritimes, du Var et de Monaco, se réjouissent de la venue de Sa Sainteté Karékine II, successeur des saints Apôtres Thadée et Barthélémy et titulaire du siège du grand Confesseur du Christ, saint Grégoire, le second Illuminateur de l’Arménie. Quand à ceux qui ont été les artisans de cette cruelle blessure dans le corps du Christ, nous les invitons à méditer cette maxime populaire : « celui qui entreprend de creuser une fosse, finit toujours par y être enseveli».

             Patrice DJOLOLIAN
Président exécutif du Conseil Diocésain