lundi 25 juin 2012

L’EUCHARISTIE


Or, tandis qu’ils mangeaient encore,
Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à
Ses disciples en disant : «  Prenez et mangez, ceci est
Mon corps »
Puis, prenant une coupe, Il rendit grâces
et la leur donna en disant : « Buvez-en tous ; car ceci est
Mon sang, le sang de la nouvelle alliance,
qui est versé pour une multitude en rémission des péchés. »
(Mt 26,26-29)


Dieu aime beaucoup plus Ses fils que la mère son enfant. « Une femme oublie-t-elle son enfant, cesse-t-elle d’aimer le fruit de ses entrailles ? Même s’il s’en trouvait une pour l’oublier, Moi, Je ne t’oublierai jamais. », dit le Seigneur ( Is 49,15).
Nous voyons comment la mère soucieuse de la santé de son enfant l’allaite, c’est à dire le nourrit de son corps et de son sang. Combien plus le Sauveur du monde, Jésus Christ, nourrit de Son corps et de Son sang ceux qui croient en Lui, les enfants nés de Son esprit. Cette nourriture céleste offre à l’homme la santé éternelle, ainsi que l’explique l’apôtre Pierre : « Comme des enfants nouveaux-nés désirez le lait spirituel non frelaté, afin que, par lui, vous croissiez pour le salut, si du moins vous avez goûté combien le Seigneur est excellent. » (I P 2,2-3)
Le Christ dit : « En vérité, en vérité, Je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez Son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Qui mange Ma chair et boit Mon sang a la vie éternelle, et Je le ressusciterai au dernier jour. Car Ma chair est la nourriture véritable et Mon sang est la boisson véritable. » (Jn 6,54-55)
Les paroles de Jésus semblent abruptes au premier abord, et, comme en témoigne l’Evangile (Jn 6,53-63), beaucoup qui n’en saisirent pas le sens réel, en ont été effectivement scandalisés et se sont alors éloignés de Lui. Réfléchissons cependant un instant : pourquoi le Christ est-Il venu dans le monde, sinon dans le but de donner Sa vie pour le monde ? Par quoi le monde est-il sauvé, sinon par le sacrifice du Christ ? Et donc, comment pourrions-nous suivre le Christ sans devenir participants au sacrifice qu’Il a accompli ?
Le Christ nous enseigne que le pain de la vie quotidienne agit sur nous en nous procurant seulement la vie physique et corporelle, tandis que le pain spirituel ne procure pas seulement la vie physique, mais aussi la vie spirituelle, nous offrant la vie éternelle. Et si le baptême est la naissance spirituelle, la sainte et divine liturgie est nourriture spirituelle par le sacrement de l’Eucharistie.
Souvent l’on aime exprimer l’amour mutuel qui nous unit par des rencontres où la riche nourriture partagée et parfois les présents échangés en deviennent le signe manifeste. Jésus nous a davantage aimés : Il nous a tant aimés qu’Il nous a même donné en nourriture Son corps et Son sang, qui sont pour nous la source de la vie éternelle.
Tout au long de Sa prédication, Jésus a exprimé à diverses reprises qu’Il est la seule nourriture et boisson véritables (Jn 6,32-35). Il a inscrit de façon profonde ces paroles au cours de la dernière Cène, le dernier repas pascal qu’Il partagea avec ses disciples.
Jésus, assis autour de la table avec ses apôtres, prit du pain azyme, le bénit, le leur donna et dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps. » Ensuite, Il prit la coupe remplie de vin pur, sans mélange, Il rendit grâces, la donna à ses disciples en disant : « Buvez-en tous, car ceci est Mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour la multitude, en rémission des péchés. » Puis Il ajouta : « Faites ceci en mémoire de moi. » (Mt 26,26-29 ; Lc 22,19-20)
Etabli par Jésus Christ au cours du dernier repas, le sacrement de l’Eucharistie nous a rapprochés de Dieu de façon inénarrable, alors que nous sommes plongés dans la vie terrestre. En communiant, Il nous devient très proche, et nous Le recevons de manière palpable dans notre personne.
Il y a seulement un péché : ne pas désirer Dieu et rester séparés ou éloignés de Lui ; et il n’y a qu’une douleur : ne pas posséder la pureté et la sainteté, et ne pas connaître l’union avec le seul Saint. Cet empêchement fut levé au cours du dernier repas.
La communion est ce moment important de notre vie, où nous nous approchons et touchons Dieu. Non, nous ne Le voyons, ni nous ne Le touchons de nos mains, mais c’est par nos lèvres que nous Le recevons en nous. En Le  ressentant à l’intérieur de tout notre être, simultanément nous Le voyons, nous Le touchons, et nous vivons de Son amour.

COMMENT COMMUNIIER ?
Ressentant parfois la nécessité de la communion, nous n’attachons cependant pas assez d’importance à notre préparation, ce cheminement intérieur indispensable que nous nous devons d’accomplir afin de nous approcher de ce saint sacrement.
La première condition imposée par l’Eglise, c’est d’être baptisé, et de confesser la juste doctrine de l’Eglise.
La confession de foi est essentielle, car sans la connaissance qu’elle confère, nous ne pouvons reconnaître que nous n’absorbons pas seulement du pain et du vin ordinaire, mais le corps et le sang du Christ. C’est pour cette raison qu’est répété au cours de la communion ce bref passage de la confession de foi :
« Dites : j’ai péché devant Dieu. Nous croyons au Père Saint, Dieu véritable, nous croyons au Fils Saint, Dieu véritable, nous croyons à l’Esprit Saint, Dieu véritable. Ceci est le corps et le sang vivants et vivificateurs de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, pour l’expiation et la rémission de nos péchés. Nous le confessons et le croyons. »
La deuxième condition pour recevoir la communion est la propreté spirituelle. L’apôtre Paul nous adresse à ce propos cette exhortation : « C’est pourquoi celui qui mangera le pain et boira la coupe du Seigneur indignement, se rendra coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun s’éprouve soi-même, avant de manger ce pain et de boire cette coupe ; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation. Voilà pourquoi il y a parmi vous tant de malades et d’infirmes et qu’un certain nombre sont morts. Si nous nous examinions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés ; mais le Seigneur nous juge pour nous corriger, pour que nous ne soyons pas condamnés avec le monde. » (1Co11,27-32)
Lorsque nous recevons un invité chez nous, nous avons auparavant nettoyé partout notre maison afin qu’elle soit bien propre. Quand nous recevons Dieu au fond de notre être, il nous est encore plus indispensable d’être très propres, non seulement dans notre corps, mais surtout en notre âme. Voilà pourquoi, il nous faut nous examiner  avant la communion, et regretter nos fautes, les confesser devant Dieu et l’un de Ses serviteurs, le prêtre. Ce jour-là, il convient aussi d’être propres physiquement. Ainsi, il nous est ordonné de ne consommer aucune nourriture le jour de la communion, avant de la recevoir.
Parfois, le sentiment de notre indignité est si fort qu’il nous retient de nous approcher de Dieu. Ou, au contraire, nous nous approchons de ce saint mystère sans nous examiner. Ces deux approches sont trompeuses et néfastes. Le Catholicos Jean Mantakouni nous donne l’explication suivante : « Lorsque ton esprit ne témoigne pas en  faveur de ta sainteté, alors il est clair que ce n’est pas par la volonté de Dieu que tu t’approches du saint mystère, ainsi que le dit l’apôtre Paul : «  La volonté de Dieu réside en ceci : le témoignage de notre esprit », et si ton esprit témoigne en faveur de ta sainteté, alors c’est par la volonté de Dieu que tu t’en approches, et si ta conscience t’accuse, sache que tu en sortiras condamné, que tu seras jugé plus criminel que tous les criminels, car ceci est un crime plus grave que le mal commis par les criminels sanguinaires. L’homme qui tue un homme  est appelé homicide, et celui qui communie indignement au corps du Seigneur est appelé déicide, car il crucifie à nouveau le Christ. »
La signification, l’essence et la joie de la vie ne se trouvent pas dans la nourriture, mais dans la communion avec Dieu. Nous devons nous approcher de ce saint sacrement dans cette disposition d’esprit. Pour que notre rapprochement à Dieu soit plus réel, retenons ces éléments importants grâce auxquels il nous est permis de communier.
D’abord :
1. Il est indispensable d’être baptisé, et de confesser la juste foi de l’Eglise.
2. Le jour de la communion, il est interdit de consommer de la nourriture avant la communion.
3. Il est vivement conseillé de procéder à l’examen de sa conscience avant ce moment de proximité avec Dieu, et même avant la Célébration Eucharistique, afin d’être en mesure de juger en pleine connaissance de notre dignité à recevoir ce sacrement, ou non.
4. Recevoir le sacrement sans avoir procédé à l’examen de sa conscience n’est jamais justifié.
5. La meilleure façon de restaurer le lien rompu entre Dieu et l’homme est la communion. En conséquence, nous devons nous repentir et connaître une vive douleur pour les péchés que nous avons commis, et procéder à la confession des péchés.

La voix du Christ retentit à chaque communion:
«  Je suis nourriture pour toi, mais non pour que tu me transformes en ton semblable, mais pour que tu deviennes semblable à moi. »