lundi 25 juin 2012

BAPTEME


Par trois fois, le prêtre interroge le parrain : « Que désire ce catéchumène ? »
Par trois fois, le parrain répond : « La foi, l’espérance, la charité et le baptême ;
 être baptisé et être justifié, être purifié du péché, être libéré des démons et servir Dieu. »
(Mashtots, Rituel du saint Baptême)

 Beaucoup d’entre nous attachons une grande importance à la date de notre naissance, que nous tenons souvent à  fêter avec un éclat particulier. Même si nous n’accordons que peu d’attention à cet événement, nous avons tous eu l’occasion de méditer sur notre venue en ce monde. Le beau commencement de la vie en ce monde, annoncé par le cri de l’enfant, renferme de grands mystères. Notre naissance spirituelle est elle aussi un profond mystère, que nous appelons le baptême.


L’instauration du baptême

           Le Christ lui-même a donné l’exemple du baptême et le baptême du Christ nous instruit tous, et nous oblige à nous approcher avec crainte de ce grand mystère. Entrant dans les eaux du Jourdain pour y être baptisé, le Christ a béni l’eau, et nous fait savoir par l’intermédiaire de Nicodème que si nous ne naissons d’eau et d’Esprit, nous ne pourrons pas entrer dans le Royaume de Dieu (Je 3,5). Le Seigneur avait puni l’humanité par les eaux du déluge et lui a offert une nouvelle vie par la même eau.
Par le baptême, l’homme est renouvelé, il renaît et est purifié du péché originel, du péché d’Adam ; de ce péché qui est entré dans le monde par l’insoumission d’Adam, et qui a été légué à l’humanité entière. La désobéissance d’Adam au commandement divin a eu pour conséquence la privation de la vie paradisiaque et de l’état de grâce dont il jouissait : il devint mortel et fut condamné à vivre loin du paradis et à gagner sa vie à la sueur de son front. Cette désobéissance éleva une barrière entre l’homme et Dieu, comme entre le corps et l’âme, et la nature humaine fut dépouillée de la grâce.
Pour relever l’homme de sa chute, Dieu tendit Lui-même la main à l’homme par l’entremise de Son Fils Jésus Christ. Par son humanité, son enseignement, sa mort expiatoire, sa résurrection et par le saint sacrement du baptême, le Christ a délivré l’homme du péché d’Adam. Jésus a dit : «  Celui qui croit et sera baptisé sera sauvé, et celui qui ne croit pas sera condamné » (Marc 13,16). Il n’est donc pas seulement indispensable d’être baptisé, mais encore de comprendre la signification du baptême.


Que se passe-t-il pendant le baptême ?

Par le baptême, l’homme devient fils adoptif de Dieu et membre de l’Eglise. Lavé du péché originel et naissant à la vie spirituelle, il devient héritier du Royaume des Cieux, et reçoit à nouveau la ressemblance divine qui était la sienne au paradis avant qu’il ne commette le péché. Puisque le vieil homme meurt par le baptême tandis que naît l’homme nouveau, le baptisé se doit de changer le cours de sa vie : il lui faut s’écarter du chemin de l’incroyance qui était auparavant le sien, et marcher désormais sur la voie de la vérité et de la justice divine.


Qu’est-il indispensable pour être baptisé ?

Il est d’abord nécessaire d’avoir la foi ; de renoncer au mal et à toutes ses œuvres ; de connaître la profession de la foi ; d’avoir les connaissances correspondantes relatives au christianisme et à l’Eglise.
Avant d’être baptisé, il convient donc de recevoir une préparation particulière. Avant toute chose, il faut croire à la Sainte Trinité, car l’on est baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, comme le Christ l’a ordonné à ses apôtres.
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 18-20).
L’on demande souvent pourquoi il est procédé au baptême des enfants si la foi est une condition préliminaire au baptême. Nous ne connaissons bien sûr pas la date de notre mort, mais nous devrons en ce jour nous présenter devant Dieu comme des fils adoptifs déjà confiés à Ses soins ; grâce au baptême reçu au début de la vie, nous ne faisons pas seuls face aux épreuves que nous rencontrons, livrés à nos seules forces humaines, mais nous recevons l’aide de la Providence divine, ayant près de nous notre ange gardien, qui est notre intercesseur devant Dieu. La condition préliminaire de la foi du catéchumène est remplacée par l’obligation de la présence aux côtés de l’enfant baptisé d’un parrain qui doit être lui-même baptisé et posséder une assez grande culture spirituelle pour être en mesure de l’éduquer ensuite selon les commandements de Dieu.
Parfois les gens disent qu’ils n’ont pas ressenti ce qui se passait durant le baptême, qu’ils n’ont pas ressenti l’adoption filiale qui leur était conférée, et qu’ils n’ont pas ressenti d’une manière générale la présence de Dieu pendant le déroulement du sacrement du baptême. Pourtant, il faudrait plutôt considérer ceci : il est faux de croire que Dieu n’était pas présent pendant le baptême : l’homme plutôt n’a pas ressenti la présence de Dieu à cause de la pauvreté de son état spirituel. L’enseignement de l’Eglise nous confirme que chaque sacrement est donné de la main du Christ, et que ceux qui reçoivent le sacrement sont remplis de bénédiction, indépendamment de la personne qui accomplit le rite, et indépendamment aussi de leur propre état. L’Eglise du Christ a toujours veillé à ce qu’une préparation suffisante soit reçue des deux côtés, pour administrer le sacrement d’une part et pour l’accueillir dignement d’autre part.
Crois donc que si tu es baptisé, Dieu va te bénir ; et si tu es baptisé, efforce-toi saintement de garder les grâces reçues au saint sacrement du baptême, car avoir un trésor et le mépriser est plus dangereux que n’avoir rien eu.


R E S U M E

Voici les points essentiels de l’enseignement dispensé par l’Eglise pour la préparation au sacrement du baptême.

1. Souviens-toi que le saint sacrement du baptême a été établi par le notre Sauveur, Jésus Christ, qui a été lui-même baptisé par saint Jean Baptiste dans le Jourdain.
2. Par le baptême, l’homme est purifié du péché d’Adam. Le catéchumène, celui qui se prépare au baptême, devient fils adoptif de Dieu. Il revêt sur lui le Christ comme un vêtement invisible et fort.
3. Il ne faut pas considérer le baptême comme une coutume nationale, ou une occasion de fête et de bonne chère, mais se préparer très soigneusement à le recevoir.
4. L’Eglise est le lieu de la célébration du baptême, sauf en des circonstances exceptionnelles où il peut se dérouler à la maison.
5. L’eau est l’élément du baptême, indépendamment de sa provenance (eau de source, marine ou fluviale), et de sa qualité (pure ou trouble).
6. Pendant le baptême, le nouveau-né est plongé trois fois dans le bassin rempli d’eau, ce qui symbolise la mort du Christ, son enterrement et sa résurrection, par quoi il devient participant de la vie du Christ. Si le catéchumène est déjà grand, l’immersion est remplacée par une aspersion d’eau sur la tête : son visage sera simplement lavé. Pour cette raison, il convient que le baptisé soit exempt de toute trace de crème et de maquillage.
7. Il faut choisir un parrain avant la célébration. Souvent, l’importance de son rôle est tellement minimisée que le choix est porté au hasard sur une personne quelconque pour respecter simplement en apparence les formalités du rite. Cependant, il est vivement conseillé que le parrain, par sa profonde connaissance du christianisme, soit capable d’être un guide pour nous. Il doit être obligatoirement baptisé et croyant.
8. Lorsque l’âge du baptisé lui permet d’user de sa pleine faculté de penser, il doit recevoir une sérieuse préparation spirituelle. Tandis que l’enfant recevra cette préparation tout au long de sa croissance, avec l’aide du parrain et de ses parents.
9. Le prêtre est le seul habilité à accomplir le rite du baptême, à l’exclusion de tout laïque, car ce droit et cette autorité a été transmise des apôtres aux prêtres par la bénédiction établie par Dieu.
10. Il faut savoir que le double baptême est interdit, car le baptême renferme en lui-même le mystère de la naissance de l’homme, et de même que la naissance en ce monde ne se produit qu’une fois, ainsi l’homme n’est baptisé qu’une fois. « Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême », dit l’apôtre Paul (Eph 4,5).
11. La nouvelle naissance reçue par le baptême nous confère le droit de recevoir un nouveau nom, et chacun peut changer son nom au moment du baptême car il est un homme nouveau, il est né en Christ.
12. Avant le baptême, nous devons nous procurer une croix, et un cordon de fils tressés rouge et blanc symbolisant le sang et l’eau s’écoulant du Christ en croix, ainsi qu’un petit linge pour essuyer le visage lavé après le baptême. Il est d’usage de conserver ce linge avec respect.
13. Contrairement au sacrement du mariage, il n’y a pas de jour interdit pour célébrer le baptême : ce sacrement  peut être célébré toute l’année.
14. Les femmes enceintes peuvent recevoir le baptême, mais celui-ci ne concerne pas l’enfant en conception.
15. Le baptisé devient ipso facto membre de l’Eglise du Christ. L’Eglise Arménienne fait partie de l’Eglise indivise du Christ, et celui qui a été baptisé en son sein devient membre de l’Eglise Arménienne et se doit au moins de la soutenir par ses prières.
16. Celui qui a été baptisé dans l’Eglise Arménienne ne peut pas recevoir le baptême dans une autre église.
17. Le sacrement de la Pénitence a été institué pour recevoir le pardon des péchés commis après le baptême.
18. Le sacrement de la Chrismation  suit immédiatement celui du baptême.

Par conséquent, si en toi a grandi le besoin de la renaissance spirituelle et qu’il est arrivé à maturité, le moment est  venu de l’accomplir, n’hésite pas, crois que Dieu lui-même te conduit, et rends-toi à l’Eglise. Conclus avec Dieu ce pacte de réconciliation, qui est décisif et déterminant pour chacun d’entre nous.

Seigneur, je t’en supplie, aide-moi, moi qui suis pécheur,
à comprendre Tes secrets.
Ouvre mes yeux, afin qu’ils voient Tes invisibles Mystères,
et donne-moi la force
de naître des saints fonts baptismaux. Amen.